Une opération de relevés des bunkers sur la digue de Sangatte
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Une opération de relevés des bunkers sur la digue de Sangatte

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Dans le cadre de la reconstruction de la digue de Sangatte, la DDTM (Direction Départementale des Territoires et de la Mer) a la charge de ces travaux, qui comportent notamment la destruction de plusieurs bunkers de la Seconde Guerre Mondiale. A cette occasion, le service archéologique communautaire a été missionné par le DRASSM (Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines basé à Marseille) pour réaliser une mission de relevé de ces édifices menacés. (cliché 1)

Cinq constructions sont concernées, le nom (PK …) qui leur a été attribué selon leur implantation à partir de l’origine de la digue, depuis Sangatte en remontant vers Blériot-Plage.

Notre mission a consisté en une campagne de levé topographique et un suivi photographique et de relevé précis des bunkers (cliché 2). Quatre sont de simples postes de tir et de surveillance (PK240, 680, 910, 2050) (cliché 3) alors que le dernier (PK2140) est une construction plus élaborée. Il s’agit d’un poste d’artillerie lourde visant à protéger les plages contre une attaque alliée. L’ensemble comporte une structure en béton armé où se trouvait le canon et, à l’arrière une salle de repos, construite en brique, pour les soldats. (cliché 4)

L’ensemble des constructions fera l’objet d’une étude qui va être confiée à un spécialiste de la période et de ce type de système défensif. Mais l’intérêt de la mission du service porte sur la réappropriation de certains de ces bunkers à des fins plus pacifiques après la guerre.

Ainsi, dans les années 70’, un groupe de jeunes – de Sangatte mais également d’usagers de la dune au travers de chalets implantés là – a aménagé et décoré ce blockhaus en « club des jeunes ». Les premiers témoignages que nous avons sur ce groupe d’adolescents regroupé sous le nom de « Debils Club » (cliché 5) évoquent un lieu de vie, de rencontre et parfois de danse pour des jeunes d’une quinzaine d’années. Des graffitis et une liste de titres, année par année, égraine les « charts » de l’époque. Des groupes comme Soul Explosion (cliché 6), de 1973, au standard « J’ai encore rêvé d’elle » de « Il était une fois » pour l’année 1975, illustrent les murs de ce lieu de paix et de détente (cliché 7).

Curieuse et heureuse reconversion de ces ouvrages faits pour la guerre et pour lesquels la durée de vie en lieu de plaisir a, au final, été la plus longue.

Vue général du bunker 2140 à partir de la dune. Ce blockhaus avait déjà été l’objet d’un « rabotage » lors de la réalisation de l’ancienne digue.
Relevé au gps d’une construction détruite par les assauts de la mer.
Désensablement d’un poste de tir/observation. Dans l’angle, la plate-forme d’installation d’une mitrailleuse.
Relevé de l’accès à la salle de repos, à l’arrière du PK 2140.
Cliché du graffiti (peut-être une illustration de Carlos Santana) associé au nom du club de jeune (Debil’s Club) s’étant réapproprié le lieu dans les années 70’.
Cliché du graffiti reprenant la pochette d’un album de musique soul de 1973 du groupe Soul Explosion.
Cliché d’une face d’un des murs listant les musiques sous forme d’une « playlist » des morceaux probablement classés par les jeunes ou reprenant celle des hits de l’année 1975.